Vous vivez ceci avec vos enfants de manière amplifiée ?
- recherche d'attention ;
- irritabilité ;
- besoin de proximité ;
- réveils nocturnes ;
- oppositions ;
- conflits avec les autres ;
- besoin de contrôle.
Alors voici quelques
astuces et recommandations pour vous accompagner durant cette période (les explications se trouvent plus bas) :
1. Avoir des
attentes réalistes. Nos enfants, surtout en bas âge, ont un énorme besoin de connexion c'est naturel et sain. Nos enfants ont besoin de nous, encore plus en vacances donc, contrairement à ce que nous pourrions parfois penser, voire espérer ;
2. En profiter pour
ralentir et ne pas fixer trop d'activités, c'est bon aussi de ralentir et de ne rien prévoir parfois. Se laisser guider selon son humeur du jour et d'autres facteurs (météo, forme, ...) ;
3. Offrir si possible un maximum d'attention, d'affection et/ou de câlins (voulus!) pour favoriser et
renforcer la connexion. N'oublions pas que si leur "réservoir affectif" est plein, vous ne verrez pas les conséquences d'un manque car votre enfant se sentira en sécurité. Son besoin de connexion est immense, ceci pour pallier son insécurité durant cette période 'hors-norme' (inconsciente évidemment) ;
4. Essayer de
garder une routine, même si elle sera moins rigide qu'en temps scolaire ('moins de cadre pour plus de flexibilité'), cela rassure tout le monde. Un enfant rassuré sera moins demandeur. Si vous quittez le domicile, prenez un maximum d'objets 'points de repère' pour l'enfant. Sans aucun
repère vos enfants, surtout en bas âges, pourraient se retrouver en insécurité avec toutes une série de comportement indésirables liés ;
5. Apporter de la
prévisibilité. Expliquer un planning ou itinéraire par exemple et rassurer sur la présence des membres de la famille à l'avance va l'aider à savoir où vous allez. Lorsque des imprévus surviennent, en parler et rassurer sur le fait que vous avez la situation en main ;
6. Avant de prévoir une activité en famille, demandez-vous d'abord si cela va aussi
vous plaire! Dans nos sociétés capitalistes, tout est fait pour amener les parents dans des endroits où tout est prétexte à consommer. Nous revenons parfois de certains endroits artificiels, bruyants, avec à la fois le portefeuille et la réserve d’énergie vidés. Faites de ces moments des exceptions, si vraiment votre santé est optimale. Misez plutôt sur des activités où chacun pourra y trouver son compte, avec un maximum de simplicité et d'espaces naturels. Car c'est cela qui est réellement
ressourçant, apaisant et sain pour votre famille.
En ces périodes de vacances, et donc de
changements (plus de temps à la maison, rupture de certains liens, perte de repères, nouveautés, horaire changeant, etc.), il y a de grandes chances que les
émotions de nos enfants, quels que soient leurs âges, soient
plus intenses vu leur besoin d’
être rassurés (en plus de la joie parfois très intense des vacances mêmes bien sûr). Pourquoi, d'où vient ce besoin alors que cela devrait être les moments les plus positifs et agréables de l'année ? Cela est surtout lié aux
changements de routines par rapport aux périodes hors congés. Du jour au lendemain, tout change et pas juste pour deux jours. Cela peut engendrer de l’
insécurité chez vos enfants (surtout les plus jeunes) avec toutes une série de
comportements indésirables liés: opposition et/ou besoin d'attention plus marqués ('papa, maman, regardez moi' ...X100!), mise au lit compliquée, "crises", voire même des régressions. Cela peut devenir agaçant car, nous (allo)parents, en vacances, nous recherchons un peu d'indépendance et de sérénité. Malheureusement nos attentes ne correspondent pas toujours avec ce que vivent nos enfants.
Pour nos enfants,
la perte de repères peut mener à un sentiment d’insécurité. Ils ont alors besoin d'un adulte pour les
rassurer, s'y connecter et donc se sécuriser. Cela peut être vécu difficilement, compte tenu de nos attentes. C'est en réalité un fonctionnement normal et sain. Pour eux, c'est une question de survie, d'un point de vue biologique et évolutif. C'est grâce à cette demande de connexion (souvent maladroite car inconsciente et immature) que l'être humain a pu survivre jusqu'à nos jours.
Cela ne sert donc à rien
dans ces cas-là (à part briser le lien et autres conséquences négatives) de lui amener plus de discipline et
fermeté. Au contraire, il a
besoin d'être rassuré vu que la cause des comportements indésirables provient d'un
sentiment d'insécurité. Si vous 'resserrez la vis', cela aura au contraire comme conséquence d'amener encore plus de distance entre vous et donc plus de comportements indésirables car le besoin de connexion sera accru. Attention,
il ne s'agit pas du tout d’enlever tout cadre et limites, il s'agit ici d’
anticiper au maximum afin que les
comportements problématiques surviennent le moins possibles et de faire preuve de
compréhension. Par exemple, s'il s'agite quand vous préparez vos sacs ou monter en voiture, expliquez-lui bien, selon son âge, où vous allez, le chemin que vous allez parcourir ensemble, rassurez-le en le prenant à bras, en lui apportant de l'affection et en vous connectant à lui plus que d'habitude.
Les enfants ont comme un
réservoir affectif (de connexion donc) que vous devrez veiller à garder
rempli. Une fois vidé cela sera souvent trop tard et risquera de vous gâcher la journée. Ce n’est pas toujours facile, surtout que nous aussi pouvons vivre ces périodes de manière plus intenses et que l’expression d’un besoin chez l’enfant va souvent sortir à un moment inattendu. Mais en tant qu’adultes responsables, tachons tout de même d’
accueillir, d’écouter et de décoder ces émotions et comportements autant que possible, et ce pour notre bien à toutes et tous.
De manière générale, nous pouvons aussi profiter de cette période pour prendre exemple sur des
sociétés plus traditionnelles et proches de la nature où le rythme de
vie est plus simple, plus souple, avec moins de contrôle, le tissu social plus fort et les pressions en tous genres beaucoup moins présentes tant pour les parents que pour les enfants. Ces derniers sont d'ailleurs souvent plus 'faciles' à éduquer (moins de 'crises' et de provocations par exemple et plus de sérénité) et les familles évoluent de manière plus sereine. Ces enfants n'ont pas été habitués à tant de jouets achetés et de lieux récréatifs fait uniquement pour eux. Dès le plus jeune âge ils sont habitués à
participer aux tâches de la maison et
contribuent dès lors avec joie à la préservation de leur maison avec un sentiment d'appartenance renforcé. Ils s’intègrent donc de manière beaucoup plus fluide et sereine à l'ensemble de la communauté.
Source :
Sarah Hamel, psychoéducatrice diplômée de l’université de Montréal et spécialisée en petite enfance et en guidance parentale.